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27-04-2014
Jean-Luc Monteil, président du MEDEF PACA : "Dégraisser le mammouth territorial"- Région
36 681 communes, 17 242 intercommunalités, 4 055 cantons, 342 arrondissements, 101 départements, 26 régions, 238 sous-préfectures... Trop d’échelons, trop de dépenses de fonctionnement, trop d’inefficacité, dénonce le MEDEF PACA, à l’origine d’une initiative “inédite”. Jean-Luc Monteil, membre du Conseil exécutif de l’organisation nationale, explique.
En produisant ce document en forme de pamphlet (ou de ras-le-bol) contre l’organisation institutionnelle et administrative de la France, vous voulez surfer sur l’un des axes de la politique générale de Manuel Valls ? Jean-Luc Monteil : Et bien non puisque cela fait quelques mois que nous préparons cette note et il s’avère – c’est un pur hasard – que notre document est prêt au moment où le législateur s’empare de ce sujet. J’ai été élu en juillet dernier, ai renouvelé une bonne partie de l’équipe et nous avons décidé d’inscrire, pour partie, nos trois ans de mandature dans la réflexion. Nous avons identifié un certain nombre de sujets transversaux sur lesquels nous voulons agir. Pour être audible et crédible, il faut savoir dans quel écosystème on évolue. Il faut donc prendre le temps de comprendre les choses. Nous avons décidé de nous atteler à un des grands maux du pays : son maillage territorial à étages que les différentes lois n’ont eu de cesse d’étoffer et que nous n’avons plus les moyens d’assumer dans un contexte de déficits abyssaux de nos comptes publics et à l’aune des efforts demandés aux Français. Il est temps que les collectivités locales réajustent leur train de vie à celui de nos concitoyens. Il est urgent de dégraisser ce mammouth territorial.
Le MEDEF découvre qu’il y a en France 36 681 communes, 17 242 intercommunalités dont 2 581 communautés de communes, 101 départements, 26 régions, 600 000 élus… ? Il en est question depuis des décennies et l’on ne compte plus les tentatives de simplification qui n’ont jamais abouti. J-L.M. : Justement, cela fait des années où rien ne se passe et cela ne peut plus durer car sur un plan politique, à force de ne pas faire les réformes nécessaires, on fait le jeu des extrêmes. Il suffit de lire dans les urnes. Mais avant tout, le premier objectif de ce travail était d’établir un diagnostic sur la base d'une grande somme d’études et audits, que nous avons sourcés auprès de ceux qui font autorité en la matière. Ce n’est pas un document de plus : cela n’avait jamais été fait. Il y avait nécessité par pédagogie et pour servir de socle commun en vue d’accompagner les élus à l’orée d’une grande réforme, véritable effet d’aubaine s’il en est. Il est une initiative de notre mouvement en région mais ce travail doit alimenter la réflexion du MEDEF au niveau national. Pour notre part, je commence dès ce lundi un tour régional à la rencontre des élus et nous organiserons le 12 juin des assises (non ouvertes au public, NDLR). Qu’ils soient d’accord ou pas, ils vont devoir composer avec le MEDEF. On s’est saisi de ce sujet pour créer l’électrochoc et l’on a bien compris pourquoi les élus renâclaient à le faire.
Comparaison n’est pas raison. Est-il pertinent de comparer l’architecture territoriale française à celle de ses voisins ? J-L.M. : Le benchmark européen est pourtant éclairant. Avec près de 60 000 entités territoriales et plus de 600 000 mandats locaux, l’émiettement administratif hexagonal est une exception. Nous sommes le seul pays qui n’ait pas rationalisé. En 30 ans, l’Allemagne a divisé par deux le nombre de ses municipalités en fusionnant une grande partie d’entre elles pour n’en conserver, in fine, que 12 196 pour une population de 80 millions d’habitants. En 20 ans, la Suède et la Belgique sont passées respectivement de 2 532 à 290 communes et de 2 739 municipalités à 589. En Grèce, le nombre de communes a été divisé par trois. Au Royaume-Uni, le législateur a récemment supprimé les régions et les comtés. En Italie, le Parlement a vidé de sa substance les provinces. En 40 ans, le Danemark a divisé par dix le nombre de ses communes et par cinq le nombre de ses régions. En parallèle de cette rationalisation, les métropoles ont peu à peu émergé dans la majorité des pays européens, pour être des moteurs du développement économique dans la compétition européenne et internationale. La France compte un mandat électif pour 104 habitants alors qu'il y en a un pour 2 336 administrés en Irlande et un pour 2 603 au Royaume-Uni !
J-L.M. : Réduire le nombre de régions, réviser la carte intercommunale et supprimer les conseils départementaux et la clause générale de compétence vont dans le bons sens. Elles ont trouvé une première traduction encourageante dans le projet de loi du gouvernement clarifiant l’organisation territoriale de la République, envoyé le 23 avril dernier pour avis au Conseil d’État. Ainsi, les régions auront jusqu’au 30 juin 2015 pour soumettre un projet de regroupement au gouvernement, auquel cas, le découpage sera effectué par l’exécutif avant le 31 mars 2016 avec une entrée en vigueur fixée à l’horizon 2017. Il s’est mis en danger politiquement. Et les entrepreneurs, que nous sommes, restons sensibles à cette prise de risques. Maintenant, il faut que nous soyons dans une politique de grands pas.
J-L.M. : Sa suppression éviterait les doublons et bien des dépenses superflues. On défend aussi le principe de subsidiarité, qui veut que l'action publique soit allouée à la plus petite institution en capacité de l'accomplir. Nous préconisons le modèle : 1 acteur = 1 compétence, ce qui économiserait 20 Md€/an.
Le calendrier - fusion des régions à l’horizon 2017, refonte de la carte intercommunale en 2018 et suppression des départements en 2021 - vous satisfait ?
Et serait donc plus douce pour le contribuable ?
Propos recueillis par Adeline Descamps
*La loi du 16 décembre 2010 portait la suppression de la clause générale de compétence.
Commentaires
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Thierry Lambert, PDG de Naturex
Emblématique de ces entreprises de taille intermédiaire qui font tant défaut au tissu d’entreprises hexagonales, exemplaire par la stratégie d’innovation et à l’international, l’entreprise vauclusienne, spécialiste des ingrédients naturels de spécialité d'origine végétale, vient de réaliser avec succès une augmentation de capital de 67,2 M€.
En partenariat avec LCM
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