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19/03/2012

Une filière microalgues en PACA

- Région

Lauréat de l’appel à projets "Instituts d’excellence en matière d’énergies décarbonnées" (IEED), Green Star ambitionne de développer à l’horizon 2020 des biocarburants à base de microalgues. Un site de recherche est annoncé à Nice.

 

En pleine flambée des cours du baril, l’initiative apparaît comme une possible alternative aux énergies fossiles. "Après la première crise pétrolière, les Américains avaient déjà songé à exploiter les propriétés des microalgues pour produire des biocarburants, indique Olivier Bernard, chercheur à l’Inria Sophia Antipolis-Méditerranée. À l’époque, le baril se négociait autour de 20 $. Jugé non concurrentiel, le projet avait été abandonné". Aujourd’hui, changement de cap. Alors que le baril de Brent flirtait la semaine dernière avec les 125 $, le projet Green Star, porté par l’Inra, recevait le label "Investissement d’avenir".

 

"Les microalgues offrent un potentiel d’innovation inouï pour les secteurs de l’énergie, de la chimie, de la cosmétique ou encore de la nutrition humaine et animale, prévient le chercheur, qui n’exclut pas l’émergence de nouveaux marchés à l’avenir. Nous allons notamment contribuer à la production de biocarburants de troisième génération à partir de CO2 d’origine industrielle et de substrats issus d’eaux recyclées".

 

Capables de contenir, selon les espèces, jusqu’à la moitié de leur masse en lipides, les microalgues permettraient de produire 10 à 30 fois plus que les matières premières agricoles. Cultivées en bassin ou dans des bioréacteurs alimentés en eau de mer, elles s’affranchissent par ailleurs des défauts de l’agriculture intensive. "Rien ne part dans les nappes phréatiques, illustre Olivier Bernard. Pour l’instant, une dizaine de microalgues sont cultivées dans le monde. Seules 30 000 espèces sont recensées alors qu’il en existe potentiellement plusieurs millions. Nous devons en récolter de nouvelles, quantifier leur performance et accroître leur productivité".

 

Autre défi des 80 chercheurs qui constitueront à terme le projet : parvenir à baisser les coûts de production. "Actuellement, notre niveau de connaissance des algues miniatures ne nous permet pas d’être compétitifs. Nous serions à plus de 10 € le litre".

 

Doté d’un budget de 160 M€ sur 10 ans, dont près de 20% d’aide publique, Green Star rassemble 45 acteurs*. Sur un plan administratif, les partenaires fonderont "dans les semaines à venir une SAS (ndlr, société par actions simplifiée)". Tous seront actionnaires.

 

Les principales installations de ce projet multi-sites seront basées à Montpellier, Narbonne et Nice en 2013. L’Eco-Vallée devrait ainsi accueillir des laboratoires de recherche et des bassins de culture expérimentaux répartis sur 4,5 hectares de terrain.
Si la production de microalgues à des fins alimentaires deviendra possible d’ici trois ans, il faudra patienter une dizaine d’années pour voir naître de véritables filières industrielles de biocarburant. D’ici 5 à 10 ans, Green Star entend également se positionner parmi les centres d’excellence mondiaux dans le domaine de la bio-raffinerie des micro-algues.

 

* Aux côtés des organismes publics et des collectivités territoriales (dont l’Inria, la Métropole NCA, le CG06 et la Région PACA…) figurent des pôles de compétitivité et des industriels comme EADS, Total ou Veolia environnement

P.H

Photo : Olivier Bernard, chercheur à l’Inria Sophia Antipolis-Méditerranée

© Inria / Photo J. Wallace




 

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